samedi 1 février 2014

Litté-rature

En novembre, comme tous les ans, ma mère m'a demandé si quelque chose me ferait plaisir pour Noël. Sur le coup je n'avais aucune idée, et puis avec mon déménagement, j'ai pas mal réfléchi.

Depuis quelques temps, j'ai très envie de me remettre à la lecture, parce que j'ai beau adorer ça, cela faisait déjà plusieurs années que je n'avais plus vraiment ouvert de bouquin. Pour te donner des chiffres, 2012 : un seul et unique livre lu, 2013, deux et demi. On ne peux pas vraiment dire que je dévore. Mais ces livres de 2013 m'avais bien remotivée.

Le problème des livres, c'est que c'est encombrant, très encombrant, et que je déteste m'encombrer, d'autant plus que je suis parfaitement consciente qu'il est très peu probable que je me fixe quelque part avant très très très longtemps, et que donc, les cartons de livres, non merci hein.

Alors j'ai demandé une liseuse, parce que la liseuse permet d'avoir immédiatement le livre que l'on souhaite commencer, sans avoir besoin de faire une petite commande FNAC (ouais, je suis pas trop fan d'Amazon) et d'attendre gentiment que le colis soit déposé dans la boite, et surtout parce que l'on peut avoir 1, 100 ou 1000 livres, ça prendra toujours la même place, ça pèsera toujours le même poids.

Alors Kobo est arrivé dans ma vie. Bon, comme d'habitude, quand je me retrouve avec un appareil électronique, tu peux être sur que s'il y'en avait un daubé dans les 500 du stock, il est pour moi. Ma Kobo a un souci avec la mise en veille automatique à l'aide de l'étui, elle ne marche tout simplement pas. N'ayant pas de FNAC à proximité, elle va avoir droit à un petit passage au service après vente pendant mes prochaines vacances. Mis à part ce petit souci, elle est merveilleuse.

Et elle a eu exactement l'effet que j'espérais, puisque sur le mois de janvier, j'ai lu plus de livres que ces deux dernières années réunies. Et en peu de temps, j'ai retrouvé le plaisir de lire quelques pages tous les jours avant de dormir, de suivre des histoires qui m'emmènent aux quatre coins du monde sans avoir besoin de quitter le froid bisontin.

Je sais que la mode est aux romans de science fiction en ce moment, mais personnellement j'ai du mal avec ce genre. Même si je pense que je prendrais le temps de lire la trilogie des Hunger Games, juste parce que ça ne se fait pas de dire qu'on aime pas sans avoir essayé, je préfère pour l'instant rester sur des histoires se déroulant au moins sur notre planète, même si certaines sont franchement farfelues. J'aime lire des choses qui me paraissent proches de nous, imaginables, presque réelles, pour me rappeler comme la vie peut être dure, pour me rappeler comme elle peut être belle, aussi.

Je te propose un point, tous les mois, sur les livres terminés dans le mois, et un bref commentaire sur ce que j'en ai pensé. Je pourrais aussi te faire un post plus détaillé sur ceux que j'ai particulièrement aimé (d'ailleurs, si tu veux que je détaille mon avis sur l'un de mes livres lus, tu peux demander, je ferais avec plaisir).

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows


Celui là, c'est Elsa qui me l'a mis dans les mains quand je suis passée chez elle en décembre, en me disant "tu vas voir, il est génial" (d'ailleurs, petit point pub, Elsa officie en tant que chroniqueuse BD sur le tout nouveau site 9ème art, moi je suis pas trop BD à la base, mais si tu aimes, alors je te le conseille, parce que si elle s'est engagée là dedans, c'est que ça déchire, voilà).

Je l'ai commencé sans même lire le petit texte en quatrième de couv', parce que ça me donnait l'impression d'ouvrir un cadeau bien emballé, sans même avoir une vague idée de ce qui se cachait dedans. Et j'ai eu raison de lui faire confiance, parce que ce livre est une petite pépite. Je pense que je vais lui consacrer un post en entier, il le mérite bien.

C'était mon dernier livre papier, après ça, Kobo est devenue ma meilleure amie.

L'alchimiste, de Paul Coelho


J'en avais entendu tellement de bien de celui là, que j'en attendais peut être trop. J'ai été déçue, très déçue. Alors qu'il avait pourtant tout pour me plaire au premier abord, je n'ai pas du tout accroché à ce livre, mais je n'ai aucune idée de pourquoi.

Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepulveda


Un roman qui nous traîne en Equateur, au fin fond de l'Amazonie, là ou se rencontrent les tribus, les gringos chercheurs d'or ou chasseurs de bêtes sauvages, mais aussi les équatoriens des petites villes perdues. Un beau roman mélangeant culture et instinct, romans d'amour et chasse au jaguar. Une véritable réflexion sur notre relation avec la nature et la barbarie humaine face à la souffrance animale. Un très joli roman.

Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Luis Sepulveda


Celui-là, je l'ai commencé au hasard, en piochant parmi les livres téléchargés. Il est en fait parfait pour les enfants, bien plus que pour moi, mais très poétique et très mignon. Un très bon conte sur la différence, l'amitié, et les promesses tenues.

Quatre bouquins pour janvier, c'est déjà pas mal non ?
Et toi, tu lis beaucoup ? Plutôt papier ou liseuse ?



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mardi 21 janvier 2014

Expat

En octobre dernier, j'ai eu 27 ans, et une quinzaine de cheveux blancs en cadeau.

Je te rassure, j'ai digéré mes 27 ans, même si je les aime pas trop, mais alors les cheveux blancs, ils me restent en travers de la gorge, quand même.

Ça pourrait être pire, au moins j'ai encore la peau douce, MOI
Les anniversaires, c'est toujours un peu le moment des bilans, alors quelques temps avant, et surtout depuis cette date, les pensées s'amusent à tourbillonner dans mon esprit, certaines passent furtivement et s'échappent très vite, d'autres traînent un peu, évoluent, se multiplient, grandissent.

Ces derniers mois, je me suis surtout rendue compte d'une chose. J'ai 27 ans, et ce n'est pas mon célibat qui me préoccupe. Ça devrait peut être hein, mais non. Depuis le Baloo je suis plus ou moins célibataire. Par plus ou moins j'entends que j'ai eu des amoureux, mais ils sont passés, et voilà. Je le vis très bien, je veux dire, si jamais je rencontre l'homme de ma vie demain, ça sera super cool, mais je ne l'attends pas particulièrement, je n'en ai pas particulièrement envie. Pour les enfants, c'est un peu la même chose, je vois les copines en parler, tomber enceintes et accoucher les unes après les autres, et je suis heureuse pour elles, mais ça ne me dit rien. Les enfants c'est super cool chez les autres. Honnêtement, j'adore ça les gamins hein, je peux te jurer qu'en septembre dernier, j'ai le coeur qui a fondu d'un coup quand mon filleul qui ne me connait pas - je l'avais vu une fois avant, on peut dire qu'il ne me connait pas - est venu s'asseoir sur mes genoux de lui-même, mais voilà, je ne me vois pas du tout en avoir. Je ne dis pas que je n'en aurais jamais, juste pas maintenant.


Non, en fait ce qui m'a travaillé avec cette année de plus, ce sont les voyages, c'est cette fichue liste que j'ai dressé de tous les pays à visiter au cours de ma vie, des choses à y faire, des endroits à voir parce qu'ils ont simplement l'air magnifiques.

Genre magnifique comme ce paysage là en vrai (parce que la photo est franchement pas terrible)


Je fais partie de ces gens qui rêvent aussi bien du Groenland que de l'Amazonie, qui regrettent déjà de savoir que leur vie ne sera jamais assez longue pour leur permettre de tout voir, tout faire, tout sentir, tout goûter, tout découvrir.

J'ai repensé à mes 22-23 ans, au Chili. A cette époque, j'étais sure qu'à 27 ans je serais déjà loin, et que j'aurais déjà vu au moins le Costa Rica, les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.



Nada, en fait je suis toujours là, 3 ans après, avec une liste qui s'agrandit de jour en jour sans pouvoir en rayer une seule ligne, et j'ai cette envie d'expatriation qui brûle là, tout au fond, qui me consume. Elle est comme un petit monstre affamé qui a commencé à me dévorer de l'intérieur, faute d'avoir autre chose à se mettre sous la dent.



Et je regarde ces photos, Cuba, le Chili, le Pacifique, je repense à ces rencontres, au relief qu'elles ont donné à ma vie, à la richesse qu'elles ont apporté à mes pensées.

Genre LA, c'était la première soirée salsa de toute ma vie, avec des vrais cubains
Je brûle, je te jure, je brûle.

M'en aller, courir le monde, me perdre dans des villes inconnues, voir de nouveaux océans, tester des cuisines exotiques et étranges, balbutier quelques mots accompagnés de gestes, griffonner des notes sur des carnets dans des bus, immortaliser ces instants à jamais, rire avec des inconnus, m'émerveiller devant toutes les belles choses, avoir sans arrêt un œil nouveau sur la vie, sur ma vie.

A 27 ans, j'ai la sensation que le temps s'écoule sans moi, qu'il me distance, que chaque jour qui passe est un jour de perdu sur mes rêves.

A 27 ans, il est temps que je me remue un peu, pour le devenir, ou le redevenir plutôt. Expat, ce mot bizarre regroupant tous ces gens déracinés mais pas perdus, loin de leur famille mais près de leurs rêves, plus totalement français mais jamais étrangers non plus. Ceux qui se fondent dans la masse, qui parlent assez bien pour être parfaitement compris, dont l'accent trahit leur origine mais pas tout à fait non plus. Ceux auxquels on dit "ça y est, tu es intégré, tu es de chez nous maintenant", mais sans jamais le penser vraiment.




Toutes les photos sont prises par moi-même, même le crocodile et les lions de mer, oui oui
feat. Le Chili et Cuba, deux pays que j'ai aimé tendrement.
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mercredi 1 janvier 2014

Et puis on a changé d'année, finalement

Avant d'oublier, je vais te souhaiter une très belle année 2014, avec la santé évidement, parce que c'est le plus important, mais aussi pleine de bonheur, de très beaux moments, de repas délicieux - parce que ça fait quand même trop plaisir, de bien manger -, de rires, de rêves, et d'aventures, si tu veux.

Il y'a un an, jour pour jour, je t'avais raconté comme j'étais pleine d'espoir pour 2013, comme j'étais heureuse que 2012 soit finie.

Et puis une poignée de semaine après ça, j'ai manqué de perdre ma mère et mon boulot en quelques jours.

L'année commençait mal. Ça a pas été terrible, 2013, mais il y'a quand même eu beaucoup plus de positif qu'en 2012.

Parce que 2013 a mis sur mon chemin tous ces gens qui ont rendu les belles journées encore plus belles et mis quelques rayons de soleil dans les mauvaises.

Et quand je dis "mis sur mon chemin", j'ai tord, parce que justement, en 2013, j'ai compris qu'on ne croisait pas les gens comme ça, sans faire aucun effort. Curieusement non, les gens ne débarquent pas comme ça dans notre vie, sur le pas de notre porte, se disant qu'on a l'air drôlement sympa, didon.

Il a fallu que je me mette dans de drôles de positions et que je fasse des choses qui m'ont coûtées, un peu, pour croiser ces gens là. Il a fallu que je débarque régulièrement dans des endroits où je ne connaissais personne, à des soirées ou, gênée et timide, je me demandais pourquoi, mais pourquoi donc j'avais eu l'idée lumineuse de venir suivre ce foutu cours de salsa. Il a fallu que je sourie à des inconnus, que je parle, que je donne un peu de moi-même, puis que j'ai le courage de prendre des numéros, de proposer des choses.

Mais ça a été le déclic pour moi, je me suis rendue compte que, ou que l'on aille, il y avait toujours des gens fabuleux à découvrir, il suffisait juste de fouiner un peu et de rester ouverte. J'ai réalisé que je n'avais pas peur du futur, de l'endroit dans lequel j'allais me retrouver après - parce qu'il y'a toujours un après, en ce moment, dans ma vie de baroudeuse indécise -, parce que je savais, maintenant, comment rencontrer des gens, et comment se lier assez pour ne plus jamais me sentir seule.

Et puis il y'a ceux qui étaient déjà là sans vraiment être là, tu vois. Ceux que je connais depuis des années, qui sont loin des yeux, mais, grâce aux petits miracles de la technologie, jamais du coeur. Ceux qui envoient des sms pour savoir comment ça va, qui suivent les quelques rares statuts facebook, qui envoient des coeurs et des bisous via twitter. Ceux là sont époustouflants, tu sais, parce que malgré mes escapades aux quatre coins de la France ou du Chili, ils sont toujours là, restent en contact, font en sorte de me voir quand par chance on se retrouve dans la même zone géographique. Ils sont précieux, ces amis là, mais je l'ai déjà dit ici.

En 2013, je crois aussi que j'ai bien fait le bilan sur mes envies, sur mes attentes, sur mes objectifs. Je crois que j'y vois un peu plus clair.

Et ça m'a aidé, à me fixer des objectifs pour 2014. Et celui qui est en tête de liste, c'est de changer de boulot, et de quitter Besançon par la même occasion. Pour aller où ? Je ne sais pas encore vraiment, mais une chose est sure, ce sera soit la côte Atlantique, soit le plus loin possible de la France. Parce que j'ai à la fois ce besoin de voir mon océan, d'en être proche chaque jour, mais aussi celui de partir loin, de perdre mes repères, de voir qui je serais si j'étais confrontée à une autre culture, de découvrir d'autres personnes et d'autres pays, de m'en mettre plein les yeux et le cœur.

J'ai pensé aussi beaucoup à mon métier, parce que le marketing et les statistiques, je ne m'y retrouve pas, en tout cas pas dans le médical. J'ai pensé à une foule de possibilité, et ce qui revient sans arrêt, c'est que je rêve de bosser dans l'événementiel sportif. Je n'ai pas vraiment la formation pour, je vais probablement galérer pour arriver là-dedans, mais voilà, c'est ce qui me fait vibrer. Et en ce moment, je crois que c'est important, de vibrer pour quelques chose. Alors oui, j'ai probablement un gros travail à faire pour y arriver, mais je vais entreprendre les choses, pas à pas, pour y arriver.

J'ai plein d'autres minuscules résolutions, mais je pense que ces deux là sont déjà pas mal, et risquent de me prendre pas mal de temps cette année.

Cette année 2014, je ne l'entame pas pleine d'espoir, comme 2013, mais pleine de détermination, d'envies, et pleine de rêves. Et j'ai hâte tu sais, de voir ce que je vais réussir à faire cette année, j'ai hâte de faire changer ma vie, de réaliser un peu plus mes rêves.

Et toi ?






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samedi 21 décembre 2013

Ce que l'on veut


Je sais bien que mon rythme de publication est assez..aléatoire. J'aimerais publier plus, mais bon, je crois que depuis que je suis arrivée en Franche Comté, je n'ai pas vraiment eu le temps de me poser.

Tu sais, je réfléchis beaucoup en ce moment, je réfléchis beaucoup à mon avenir. Je crois que je suis entrée dans une nouvelle dynamique depuis quelques mois. C'est comme si j'avais enfin réussi à mettre le passé derrière moi pour mettre mon futur en premier plan et enfin m'y consacrer totalement. C'est comme si toutes ces choses que je traînais me faisaient moins mal, voire plus du tout.

Mon déménagement fini, il va être temps de me consacrer à la recherche d'un nouveau travail. Et en ce moment, j'y pense beaucoup, parce qu'en fait, je me rends compte que je n'ai vraiment aucune idée de ce que je veux faire. Enfin, il y'a plein de choses qui m'intéressent, mais je n'arrive pas à savoir ce dont j'ai vraiment envie. J'ai ces mille voix qui se disputent dans ma tête - je savais bien que j'étais pas toute seule là dedans, ça aurait été trop beau - et aucune d'entre elle ne semble avoir raison.


Il y'a quelques jours, j'ai lu cet article d'Odile Sacoche, encore elle. Je ne vais pas te réexpliquer tout l'article, si ça te dit tu le lis, mais en bref elle parle d'un passage de livre qui l'a marquée, sur le fait que chaque homme transporte un "Autre". L'Autre, c'est celui qui porte les responsabilités, les obligations, la raison. L'Autre, c'est celui qui te dit que non, tu ne peux pas faire ça, parce qu'il y'a ce prêt, ce besoin de gagner ta vie, cette pression que la société a mis sur toi.

Je me suis demandé la même chose qu'Odile, après avoir lu ce post. Et si je sortais cet Autre de moi-même, qu'est ce que je voudrais ? Si jamais je n'avais pas toute cette pression, ce besoin de rembourser le prêt, de mettre à profit mes 7 années d'étude, de gagner assez bien ma vie pour vivre convenablement, quel serait mon rêve ? Qu'est ce que je voudrais faire de ma vie ?

Étonnamment, je n'ai même pas réussi à trouver la réponse. C'est comme si je pensais à tellement de choses différentes que j'en avais perdu mes rêves. Evidemment, une seule chose est sure, je ferais en sorte de voyager le plus possible, de vivre loin, très loin, parce que ça a toujours été quelque chose d'évident pour moi. Mais sinon...


Sinon je pense à des métiers, mais rien ne me semble correspondre. Ceux pour lesquels je suis formée ne m'enchantent pas, et je n'ai pas les qualités requises pour les autres.

Je pense à ma créativité, surtout, parce que clairement, ça a toujours été mon défaut, et quelque part, je le regrette, parce que j'adorerais être créative, et parce qu'en plus, je pense que je pourrais l'être. Sauf que je n'ai jamais appris à la laisser aller, cette créativité, je n'ai jamais appris à lui laisser le champ libre. Ni à la maison, ni à l'école, personne n'a jamais voulu l’entraîner un peu, si bien qu'il me parait bien plus simple de résoudre un problème avec des formules que d'imaginer comment je pourrais remplir une feuille blanche de manière esthétique.

C'est dommage, qu'on apprenne pas à tous les enfants, sans exception, à entraîner leur côté créatif. On nous apprend à lire, on nous apprend à écrire, on nous apprend à compter. plus tard on nous apprend les langues, les sciences, et on nous initie, si peu, à l'art. Mais jamais à être créatif. Ça, il faut aller le chercher ailleurs. Et moi, j'étais une petite sportive, alors je ne l'ai jamais fait.


Et c'est pas facile, à 27 ans, de s'y mettre, et pourtant j'aimerais, j'aimerais vraiment. Parce que ça m'ouvrirait peut être des portes derrières lesquelles sont les choses qui m'intéressent réellement, parce qu'en fait, j'adorerais créer, parce qu'en fait, j'en rêve, de créer. Et je crois que si je mettais l'Autre dans un coin, je choisirais de faire quelque chose de créatif, de faire naître de jolies choses à partir de rien, d'avoir plein d'idées pour mettre du fun et de la magie dans tout et n'importe quoi. Si je mettais l'Autre dans un coin, j'aurais envie d'être une vraie créative, peut importe mon domaine.

Alors je me dis qu'en fait, il va falloir que j'aille fouiner au fond de moi même, que j'aille la retrouver cachée, recroquevillée dans un coin, délaissée et peu sure d'elle, ma créativité, et que je lui donne tout ce dont elle a besoin pour s'épanouir. Et que je lui greffe deux ailes, tant qu'à faire. parce que bon, faut pas déconner non plus, j'ai 27 ans, il va falloir qu'elle mette le turbo.

Mais peut être, peut être que je peux lui donner de quoi faire pour se développer un peu, pour me développer un peu, et que si j'y arrive, je pourrais donner à ma vie une direction qui me plait déjà un peu plus.


Les photos n'ont rien à voir non, mais il fallait bien que je vous les montre

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dimanche 1 décembre 2013

Recuerdo Noviembre como si fuese ayer

Un de mes contacts Facebook chilien poste cette phrase en statut quasiment tous les mois, le premier du mois. La première fois, j'ai trouvé ça drôle, mais en fait, je pense qu'au bout de trois fois, j'étais sérieusement blasée, et maintenant, cette phrase m'agace, mais bon, c'est la première à laquelle j'ai pensé quand j'ai du écrire le titre.

J'aime pas trop Novembre, généralement Novembre c'est le mois du rien. Il fait moche, il fait gris, il fait nuit presque toute la journée, il fait froid, c'est encore loin Noël, c'est interminable, Novembre. En plus, ça me fait toujours penser à ce film sublimaffreux avec Keanu Reeves, si tu l'as pas vu regarde-le par pitié, mais surtout pas un jour ou t'as vraiment pas le moral, et prévois les mouchoirs.

Je suis bien contente que l'on soit enfin en Décembre, parce que cette année, Novembre n'en finissait pas. Grosse fatigue physique, trop plein de soucis, un accident de voiture, du stress.


Mais Décembre, Décembre c'est bien. La ville s'illumine, les maisons sentent le sapin, on ouvre le calendrier de l'Avent, on achète un sachet de thé de Noël juste pour le partager en famille, on prévoit son déménagement - OK là c'est moi -, on fixe une date pour aller faire un marché de Noël en Alsace, on pense aux cadeaux pour toute la famille, on compte les jours qui nous séparent des vacances et du retour à la maison, on prévoit son premier de l'an entre amis, on commence à réfléchir à ce que l'on veut pour 2014, à ce qui nous fait assez rêver pour nous donner envie de nous y lancer à fond.


Non, Décembre, je crois que comme tous les ans, je ne le verrai pas passer, il va filer d'une traite, m'amener en Janvier sans même que je m'en sois rendue compte, me lâcher dans une nouvelle année comme ça, sans même me prévenir.

Crédits photos : Introuvables pour la première, www.architectureartdesigns.com pour la deuxième
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samedi 23 novembre 2013

La métamorphose

Tu sais, quand je suis arrivée en Franche-Comté, j'étais pas vraiment au top de ma forme. J'étais en plein au milieu d'une rupture - de 8 mois, la rupture, oui oui, et par là je ne veux pas dire que je suis retournée avec l'idiot au bout de 8 mois, je veux dire que la rupture a vraiment mis 8 mois à se faire -, je sortais de quelques années dures pour moi, je quittais ma Bretagne pour l'Est, encore une fois, mais le Nord-Est cette fois-çi, alors que je hais la neige, la neige c'est froid ça rentre toujours dans les chaussures et une fois que c'est rentré dans les chaussures c'est mouillé, en prime. La neige c'est nul, hormis sur les cartes postales, ou tout en haut de la Cordillère des Andes, parce que quand tu la regardes d'en bas c'est juste magique ces sommets enneigés, ou pendant les vacances d'hiver dans les stations de ski. Bref, la neige c'est bien, mais que chez les autres, c'est pas pour moi cette chose là.

Beurk beurk beurk (et c'est mon jardin)
Quand je suis arrivée, j'ai du trouver un appart en 2 semaines, parce que c'était le temps pendant lequel ma boite me logeait gracieusement dans l'hôtel Ibis - c'est vachement cool l'hôtel Ibis, je veux dire, la déco est vraiment pourrite, mais on est drôlement bien dans les chambres, et le personnel est vraiment top -. Il a donc fallu que j'oriente bien mes recherches pour vraiment trouver ce qui me plairait. Pour moi c'était évident : je voulais vivre à la campagne, je ne supportais plus la ville. Mon boulot est dans une petite ville de 1500 habitants, donc c'était facile, je pouvais trouver un appart près d'ici et dans un trou paumé.

Coucou la campagne
Et je l'ai trouvé, un 100 m2, qui me semblait à un prix dérisoire après la folie de mon loyer parisien. Un énorme appart à 1 km du boulot, au centre du village, avec le boulanger, la banque, le médecin à proximité, et à 25 minutes de Besançon. On est vraiment bien dans cet appart, je te jure. De mai à décembre, j'étais trop heureuse, je pouvais aller courir en commençant mon parcours en bas de chez moi, j'avais pas de trajet pour aller au boulot, et de toute façon, tout ce que je faisais, c'était aller à mes cours d'équitation et de horseball, à 25 minutes d'ici. Je n'ai pas mis les pieds à Besançon ou presque pendant des mois.

Je t'ai déjà présenté ma louloute ?
Je pense qu'en fait, à cette époque, j'étais tellement déçue des gens que je ne voulais plus les voir, je ne voulais plus en rencontrer, rien. Alors forcément, dans mon trou perdu, j'étais bien.

Et puis la chaudière est tombée en panne, en janvier 2013, alors que j'avais mis 700 euros de fioul dans la cuve quelques mois avant, et je me suis rendue compte que mon château de Versailles était une vraie passoire thermique, et que probablement que les habitants du grenier profitaient plus du chauffage que moi, de MON CHAUFFAGE - j'ai un ours dans mon grenier, des fois il se réveille et il court partout en faisant un bruit monstrueux, c'est pour ça que je sais que c'est un ours, une plus petite bête ne pourrait pas faire autant de bruit -.


S'en est suivi une sombre histoire de malhonnêteté avec ma propriétaire - la malhonnêteté n'étant pas de mon côté hein -. Pour résumer, une baisse de mon loyer aurait dû compenser l'argent que je perdais dans le chauffage, et la propriétaire était supposée isoler le grenier. Bien entendu, au moment de le faire, elle a refusé de baisser mon loyer, et le grenier n'est toujours pas isolé.

J'ai donc déposé mon préavis, et j'ai commencé à réfléchir. Depuis janvier, j'ai commencé les danses latines, et ce faisant, je me suis fait tout un tas d'amis supers que je vois vraiment très souvent. L'idée, c'était donc de chercher un appart me rapprochant de Besançon pour pouvoir être à la fois proche du travail et de mes amis. J'ai commencé à chercher dans ce sens.

On danse même la salsa pieds nus au bord des piscines, ici
Et puis il y'a quelques temps, je me suis amusée à compter combien d'allers-retours Besançon-chez moi je faisais par semaine. La réponse cette semaine là : 5. C'est là que tu ris 50 bornes fois 5, ça fait 250 km par semaine - mais bon, je dois avouer que c'était une grosse semaine, d'habitude c'est plutôt 3 ou 4 allers retours -. C'est à ce moment là que c'est devenu évident. Si j'aime assez Besançon pour y être 5 fois dans la semaine, il valait mieux se trouver un appartement directement en ville, et au moins pouvoir déduire ces bornes là des impôts.

J'ai cherché mon appartement, j'ai eu du mal mais je l'ai trouvé, et j’emménage en plein centre ville dans 3 semaines.

C'est celui-là qui va faire la gueule
Il m'a fallu un peu de temps pour me rendre compte de ça, mais je crois que le déclic est venu aujourd'hui quand j'ai dis à une de mes collègues "nan mais quand même, faut l'avouer, c'est une super ville, Besac". Elle a ri, en disant "bah purée, j'aurais pas imaginé t'entendre dire ça un jour" - nous les Bretons, on est tous un peu cons, du genre "chez moi c'est vachement mieux, tout partout ailleurs c'est tout nul", mais la vérité, c'est qu'en fait on est plus souvent ailleurs que chez nous -. Même la neige elle ne m'embête plus, hier quand j'ai vu que mon jardin était tout blanc, j'étais pleine de joie, même si mes bottes sont trouées et que j'ai pas encore fait poser mes pneus neige. Enfin, ce n'est pas vraiment de mon amour pour Besançon que je te parle là, c'est de mon changement, du chemin parcouru depuis mon arrivée ici.

Il y'a un an et demi, je n'aurais jamais imaginé vouloir revivre en ville un jour. Aujourd'hui, je compte les jours qui me séparent de mon nouvel appart devant lequel passent tous les bus de la ville et le nouveau tram qui sera peut être fini dans 350 ans - on sait pas trop -.

C'est pas ici hein, c'est juste que c'est la seule photo de Besançon
que j'ai sous la main
Et je me rends surtout compte que c'est mon rapport aux autres qui a changé. Il y'a un an et demi, je n'envisageais pas de refaire confiance à qui que ce soit, je n'avais pas envie de me lier avec une seule personne, et je me terrais dans un joli appart dans le trou du cul du monde assez grand pour s'y enfermer à vie. Aujourd'hui, je regarde les photos prises lors de la grosse soirée d'anniversaire qu'on a faite chez moi, et ce que j'aime le plus de cet appart, c'est qu'il a pu rassembler tous ces gens géniaux et souriants pour une belle soirée. Et je regrette de devoir faire une demi heure de route pour passer du temps avec eux.

J'avais fait à manger pour 20, en plus
Aujourd'hui il y'a cette copine adorable qui me réveille tous les matins le weekend, parce qu'elle est visiblement trop pressée de m'appeler et me raconter 12 654 choses pour pouvoir me laisser me réveiller tranquillement, il y'a ces deux copines terribles qui m’accompagnent acheter mes chaussures de danse et se moquent continuellement de moi, parce que je ne voulais pas de paillettes, mais qu'au final, les seules chaussures qui allaient à mon pied trop fin dans toute la boutique étaient pailletées, il y'a ces deux idiots qui m'ont prise sous leur aile pour me faire danser la salsa et progresser à fond, il y'a ceux qui se lèvent tôt le dimanche matin pour venir m'encourager pour mes tournois, ou encore celui qui reste 2 h pour m'aider à ranger après une fête et qui, en prime, m'offre l'entrée en soirée derrière,... C'est probablement à cause de tous ces gens que ce soir je vais me retrouver en robe de soirée et perchée sur des talons de 12, à me sentir bien trop vieille pour être à ce foutu gala d'école d'ingénieur.

Elles sont pailletées, mais elles ont la classe
Je crois que c'est ce changement là, qui a amené l'autre, cette envie de quitter la campagne pour retrouver la ville, pour retrouver la vie, l'agitation, et surtout pour retrouver les autres. Parce qu'aujourd'hui j'ai envie de cette vie pleine de gens, pleine d'amis, pleine de rigolade et de pas de danse ratés, et que j'en ai envie tout proche de moi, parce que j'en ai assez d'être éloignée de cette partie là de ma vie.

C'est peut être ça en fait, par ce déménagement, je me rapproche de ma vie personnelle, lui donne une place plus importante, et m'éloigne du travail, le relègue au second plan. Et je pense que ce bouleversement des distances n'est pas que logistique, mais qu'il est aussi vraiment symbolique de ce qu'il se passe en moi.


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lundi 14 octobre 2013

J'aurais voulu être vétérinaire

Quand j'étais jeune, genre y'a encore que 7 ans, je voulais être vétérinaire, j'étais en prépa, et je passais les concours. Je l'ai raté, le concours véto, deux fois. Alors je suis partie en pharmaco et on en a plus jamais reparlé.

Aujourd'hui, la seule chose qui me relie au métier de véto, ce sont les copines qui elles ont eu le concours ou sont parties en Belgique, et la grosse bête noire plus ou moins pleine de poils selon la saison mais définitivement pleine de problèmes de santé qui hante mon appartement.

Oui, il se déplume grave, mais la véto sait pas pourquoi
J'ai trouvé un véto pour la bête l'an dernier quand il m'a fait un combo vomi+crise d’épilepsie, une véto en fait. Elle est top, Stick est amoureux d'elle, je suis presque jalouse. Il la kiffe tellement qu'il lui fait des câlins et qu'elle a même pas besoin de le tenir pour lui faire une prise de sang, il bouge pas d'un poil.

Elle elle le kiffe aussi, elle l'appelle mon lapin, lui fait des bisous et dit qu'il est merveilleux. Après le chat en rentrant à la maison il se roule sur le dos en ronronnant tout contre moi comme si je venais de lui faire un méga cadeau de Noël qui le remplit de bonheur, alors qu'on est juste allés faire son rappel de vaccin quoi.

Bref j'ai trouvé la véto parfaite, et j'ai le seul animal au monde qui aime aller chez le véto.

Aujourd'hui on est allés la voir, pour le rappel de vaccin, et aussi parce que Super Glue s'est subitement mis à boire comme un trou et à me vider ses gamelles en moins de deux.

J'étais un peu inquiète pour ses reins, au gros. Mais au final il a rien aux reins, ni au foie, ni à la thyroide, et il a pas de diabète.

J'aime pas trop aller chez le véto, parce que ça sent le médicament, parce que c'est toujours pour un truc pas drôle, parce que ça coûte une blinde et parce que j'ai peur des chiens, en prime.

Aujourd'hui y'a une dame qui est entrée, avec un Doberman. J'aurais pu avoir peur, sauf que le pauvre loulou avait un mal fou à se déplacer, il tenait à peine sur ses pattes. Je l'ai regardé suivre sa maîtresse jusqu'à l'accueil, et ça m'a fait trop de peine.

Après j'ai levé les yeux sur sa maîtresse, et j'ai vu qu'elle pleurait. Et j'ai compris, que le chien n'irait pas bien loin, qu'elle aurait peut être à prendre une dure décision ce soir.

Ça m'a fendu le cœur en mille petits morceaux, et du fond de ma salle d'attente, je n'ai pas pu me retenir, je me suis mise à pleurer aussi.

Et j'ai compris. J'ai compris que je n'aurais jamais pu être vétérinaire, que je ne l'aurais jamais supporté.

Je n'aurais pas supporté la douleur de tous ces animaux en fin de vie, et plus que tout, je n'aurais jamais supporté toute la tristesse de leurs maîtres.

J'ai toujours été comme ça, je n'ai jamais pu gérer le fait de voir les autres souffrir, de voir des gens tristes. Croiser une personne en larmes peut me marquer pour la journée, même si je ne connais pas cette personne.

Mon émotivité n'aurait pas su composer avec ce métier.

Il aura fallu 7 ans après le concours, pour que ça devienne totalement clair pour moi. Je n'aurais jamais pu être vétérinaire.

Heureusement que je l'ai raté, ce concours.



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