dimanche 27 janvier 2013

Les moments difficiles...et les choses qui les rendent plus doux

Tu sais comme je mettais plein d'espoirs en cette nouvelle année, je te l'ai dit il n'y a même pas un mois. Ben pour l'instant je suis déçue, très déçue.

Parce que si 2012 était nulle, 2013 est pire, pour l'instant.

Ces deux dernières semaines ont vraiment été difficiles. Gros problèmes au boulot, maman à l'hôpital on ne sait pas trop pourquoi. Et tout est arrivé soudainement, sans prévenir, et pile en même temps.

La première semaine, je l'ai passée à fondre en larmes pour tout et rien. Mes collègues n'étaient au courant de rien, j'ai vraiment du passer pour une tarée. Tant pis.

Le problème quand tu vis des moments comme ça, c'est que les personnes autour de toi ne savent pas trop comment réagir, et les seules auxquelles tu te confient ont une fois sur deux la même réaction.

"Ne t'inquiète pas, ça va très vite aller mieux, tu es forte, tu rebondis toujours, tu as traversé bien plus dur que ça"

C'est comme si ces personnes niaient ton désespoir, comme si elles se disaient "de toute façon, j'ai rien à faire, Habana elle gère tout, elle va s'en sortir sans moi, elle le fait toujours", tu te confies à eux, mais visiblement ça les soûle de te soutenir un peu, c'est compliqué, faut trouver les bons mots, alors ils se défont de cette "charge" que tu leur imposes en se disant que tu vas t'en sortir comme une grande, comme d'habitude.

C'est un peu lourd, de toujours être considérée comme celle qui est forte, qui se sort de tout. Parce que c'est faux.

Je crois que tout le monde gère les coups durs à sa manière, tout le monde a besoin de différentes choses. Au moment où tout ça m'est tombé dessus, c'est con hein, mais j'ai ressenti le besoin d'aller danser. Pas aller bouger mes fesses en boite sur de la soupe inécoutable, non, danser vraiment, apprendre.

Je suis une curieuse, mais plutôt dans le bon sens du terme. Depuis quelques semaines je voyais passer sur Facebook via une amie des vidéos d'une danse que je ne connaissais pas, la kizomba. Et va savoir pourquoi, à ce moment là je me suis retrouvée à entrer dans Google-mon-ami "cours kizomba besançon".


Le plus drôle, c'est que j'ai trouvé. Samedi dernier avait lieu dans un bar du coin un stage de kizomba débutant et de bachata intermédiaire. Je n'ai jamais dansé la bachata, mais tant pis, après avoir pris quelques renseignements - comme par exemple ça dérange pas trop une fille qui n'a jamais dansé la bachata ? - je me suis inscrite.

Petite fierté personnelle, au début ça a été un peu dur de gérer la bachata - j'ai beaucoup ri on va dire, et je me suis beaucoup excusée auprès des hommes qui dansaient avec moi -, mais à la fin, je suivais plutôt bien, j'avais au moins intégré la choré et le rythme, et j'arrivais à éviter les pieds de mon partenaire, je trouve ça déjà pas mal - d'ailleurs le prof m'a félicitée - - pas pour avoir évité les pieds des mes partenaires hein -.


Par contre si jamais tu as des problèmes avec ton corps, évite ce genre de danse, parce que tu te retrouves complètement collée au danseur hein, genre tu connais même pas son prénom, mais lui il peut à peu près évaluer ta taille de bonnet, c'est assez déroutant - d'autant plus quand le prof finit en disant "aller les filles, vous allez essayer de coller votre tête à la tempe de votre partenaire", comme si tout le reste du corps collé à lui ça suffisait pas, déjà, hein -

Et bien je vais te dire, après une grosse semaine de merde, aller s’emmêler les pieds sur des rythmes d'ailleurs, ça fait énormément de bien.

A tel point que j'y suis retournée jeudi, pour un cours de bachata, et puis vendredi en soirée salsa. Et puis j'y retourne jeudi prochain, et tous les jeudis en fait.

Et je vais te dire sincèrement, une semaine après ce stage, je ne sais toujours pas pourquoi, mais j'en avais vraiment besoin, de danser, d'apprendre, d'aller m’emmêler les pieds. Parce que la danse, ça rend mes problèmes plus petits, en fait, je crois. C'est mon truc à moi pour oublier un instant, pour me sentir mieux pour une soirée, et me sentir mieux dans ma vie tout court.

Je ne m'en étais pas vraiment rendu compte avant, mais en fait cela me manquait vraiment, de ne plus danser, parce que déjà à l'époque, quand j'étais plutôt du côté du hip hop et de la danse africaine, c'était quelque chose qui faisait partie de mon équilibre, et qui me faisait vibrer.

Ça va me demander de l'organisation, des efforts pour dégager du temps et de l’énergie  de la volonté, mais je crois que j'ai retrouvé l'une des choses qui me manquait, et je ne compte pas la lâcher de sitôt.

Par contre la salsa, j'y arrive pas DU TOUT
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dimanche 13 janvier 2013

L'effroi

Quand j'étais au lycée - c'était il y'a donc très longtemps -, j'étais amoureuse de Sean Paul.

Je sais, d'habitude avant de lancer une bombe pareille, je te prépare, je te dis que j'ai un aveu à te faire, que oui j'ai un peu honte, mais que l'adolescence c'est l'âge des erreurs tout ça, la vingtaine aussi d'ailleurs, et que bon, le mauvais goût de temps en temps, c'est pas interdit, mais j'ai décidé que j'avais pas honte du tout, et que j'assumais totalement, sur ce coup là -.

Mais genre a-mou-reuse. J'adorais ce qu'il faisait, je l'écoutais en boucle, je remuais mon popotin en rythme, et je le trouvais trop canon.


Oui, je sais, tu es en train de te demander si j'ai fumé, si tu as fumé, si tes lunettes sont encore adaptées à ta vue. Epargne toi l'aller retour vers ton carnet de santé, pas besoin de vérifier, ta dernière visite chez l'ophtalmo n'est surement pas trop ancienne, non. J'ai toujours été la seule personne que je connaisse à trouver Sean Paul canon. J'ai mauvais goût, c'est comme ça. Passons.

Mais quand même, Sean Paul, il faisait des trucs géniaux y'a 10 ans. Sérieusement, les deux albums Dutty Rock et The Trinity étaient dingues non ?




Et puis tout le monde se l'arrachait à l'époque, et vas-y que je te fais un duo avec Blu Cantrell, puis d'autres avec Sasha, Rihanna, Kelly Rowland, et la cerise sur le gateau : Beyonce, rien que ça.

Je pense que ma vieille Saxo, elle le connait encore par coeur tellement elle l'a entendu, ce morceau avec Blu Cantrell - et surement celui avec Beyoncé d'ailleurs -.



Et puis il y'avait celui avec Busta aussi, qui donne juste la patate comme c'est pas permis.



Je n'avais ni revu ni écouté Sean Paul depuis The Trinity. Probablement une bonne intuition. parce qu'il y'a quelques mois je l'ai croisé dans mon poste de télévision, et il ressemblait à ça.



J'ai cru qu'un seau d'eau froide m'était tombé sur la tête d'un coup.

Sérieusement, comment on peut songer à se montrer avec cette horrible boursouflure sur la tête ? Il nous a fait quoi là ? Je croyais qu'un homme s'arrangeait avec l'âge ? Visiblement ça marche pour George Clooney, pas pour Sean Paul, ce truc là...

Mais ce jour là, je ne l'avais pas encore entendu.

Samedi matin, comme toutes mes collègues, j'étais réquisitionnée au bureau, pour l'archivage annuel des dossiers de la boite - et crois moi, le papier, on sait faire chez nous, y'en a partout, on marche dessus, on tombe dessus, on se roule dedans, on se noie dedans, bref, y'avait du taf -.

Et puis vers 9 h, la radio est arrivée, sur le coup ça me semblait être une initiative intéressante et sympathique.

Sauf que.

La fille qui l'a allumé a dit "je mets NRJ hein, ça ira ?".

L'idée de la couper en petits morceaux - la fille hein, pas la radio - pour aller la jeter dans le ruisseau qui passe 1 km plus loin m'a effleuré l'esprit, mais je me suis retenue. J'allais pas tacher la veste que mon frère m'a offerte pour Noël.

Il a donc fallu supporter NRJ toute la matinée. je peux te dire qu'en rentrant chez moi à midi, j'avais les oreilles qui saignaient.

Mais le pire, c'est que j'ai entendu ce que Sean Paul était devenu.

Mon coeur a saigné. Des mauvais duos avec des pseudos chanteuses françaises, après Beyonce, voilà où il en est, 10 ans après.

Des morceaux insipides, sans originalité, sans âme, qui ne donnent même pas envie de remuer un orteil en rythme - et pourtant, je danse presque sur n'importe quoi, je te jure -.

Je ne te mettrai même pas un seul clip en ligne ici, je n'en suis pas capable, je préfère garder l'image que j'avais de lui avant, avant cette chute vertigineuse.

A la place de Beyonce, je serais vexée de voir ce qui passe après moi. Tu sais, c'est comme si tu sortais avec un mec, et que derrière toi, il se mettait avec un thon chauve et édenté de 110 kg qui a redoublé 4 fois son CM1 et a arrêté l'école à 16 ans, après la sixième. Tu fais forcément la comparaison, alors qu'il n'y en a juste pas à faire, mais quand même, tu la fais.

Je ne sais pas ce qui est arrivé à Sean Paul, je ne comprends pas comment il a pu faire des choix qui l'ont mené là alors qu'il n'avait qu'à continuer son chemin comme il le traçait au début. Je ne veux pas savoir en fait. Pour moi, Sean Paul a encore des tresses et n'a rien sorti depuis The Trinity.

Je sais, on appelle ça faire l'autruche, mais des fois, c'est mieux, beaucoup mieux, et ça fait du bien.

Par contre, depuis le temps, il serait temps qu'il nous sorte un nouvel album non ?
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lundi 31 décembre 2012

Hello 2013

La voilà enfin, la fin de l'année 2012, je la touche du doigt, plus que quelques heures, et je pourrais enfin dire "j'en suis débarrassée".

Source : http://365daysofchristmas.tumblr.com
Je l'attendais avec impatience, cette nouvelle année, pour laisser derrière moi celle que je peux nommer "année la plus pourrie de ma vie". Elle m'en aura mis, des bâtons dans les roues, cette année.

2012 avait très mal commencé, a très mal continué, et ce n'est que depuis quelques jours que je commence à entrevoir une année 2013 nettement plus sympa.

Enfin non, il faut quand même avouer que ces derniers mois, je sentais un peu le vent tourner quand même. Des projets, du sport, une vraie équipe, des envies qui reviennent - je dois vraiment décorer mon appart -, de la bonne humeur se sont réunis pour constituer le bon petit cocktail qui m'a remise en forme pour 2013.

Source : http://dearmonet.tumblr.com/
C'est surtout au niveau des relations humaines que 2012 m'a marquée. Pour moi, c'était l'année de la déception. Des déceptions.

Professionnellement, 2012, c'était la grande page qui se tourne, fin des études, 4 mois de recherche d'emploi, puis un boulot, qui m'a éloignée de tout le monde et envoyée là-bas, dans l'est de la France. C'est pas facile, on m'en demande beaucoup, mais on m'en donne aussi beaucoup, et même si je sais que je ne vais pas y rester éternellement, il me plait assez, ce boulot.

Sportivement, 2012 a plutôt été une bonne année, l'année des défis, l'année de la reprise. Le défi, c'était de me mettre à courir, je le fais, même si c'est plutôt en pointillés en ce moment, faute de temps - et parce que j’enchaîne crève sur crève, aussi -. La reprise, c'est l'équitation. Le gros bonus, c'est que j'ai trouvé une équipe de horseball canon, et qu'on commence fort dès la première semaine 2013 avec un tournoi, mon premier.

Personnellement, c'est là que ça foire. Parce que cette année, j'ai appris que les gens mentaient comme ils respiraient, même lorsqu'ils n'en avaient pas l'air. J'ai appris qu'ils pouvaient être très lâches, très égoïstes, et très nuls. J'ai appris qu'on ne pouvait pas faire confiance autant que j'avais l'habitude de le faire. J'ai appris à ne pas croire les autres sur parole, et à attendre des preuves concrètes. J'ai appris que dans les relations humaines, il fallait être patiente, parce que les mensonges ne durent jamais très longtemps, et qu'un jour ou l'autre, la vérité éclate.

J'ose espérer que si 2012 m'en a autant fait baver, c'est pour me mettre du plomb dans la tête et me faire grandir. J'espère que ces expériences me permettront de mieux gérer les choses par la suite, et de faire en sorte qu'il ne m'arrive que le meilleur. Mais je vois déjà qu'elles n'ont pas été vaines, et que j'en ai retiré certaines choses, et qu'aujourd'hui je me respecte déjà plus face aux autres.

Le bon côté de 2012, c'est que certaines de mes amitiés se sont confirmées encore plus fortes, et que je sais que j'ai vraiment des amis sur lesquels je peux compter, et j'espère qu'ils savent que c'est réciproque.

Ce qui est drôle, c'est que le 29 décembre dernier avait clairement annoncé la couleur pour 2012. Ce jour là, je suis soudainement tombée de très très haut.

Cette année, le 29 décembre fut une très jolie journée pour moi, vécue à 100 à l'heure, avec un peu de route et de jolis paysages, pleine de rebondissements, de surprises, et de décisions prises à la dernière minute. Rien ne s'est passé comme prévu, mais c'était génial quand même, alors si 2013 veut ressembler à cette journée là, je dis oui.

Source : http://dearmonet.tumblr.com/
Adieu 2012, et merci quand même pour tout ce que tu as pu m'apporter, de changements dans ma vie, et d'expériences qui m'ont fait grandir.

Bienvenue 2013, je crois que toi et moi, on a plein de choses à faire tous les deux, et crois moi, j'ai hâte de te voir arriver.
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vendredi 28 décembre 2012

Dis, pourquoi tu blogues ?

Avant tout, je voudrais te souhaiter un très joyeux Noël en retard. j'espère que tu as passé de bonnes fêtes en famille, que tu as été gâté  et que tes cadeaux ont fait plaisir à leur destinataires. Pour moi c'était parfait, merci.

C'est TiteZa qui a posé la question, j'y suis pour rien.

TiteZa elle dit que les gens sont des relous, qu'ils posent trop de questions, et qu'ils sont un peu nuls à pas vouloir comprendre ce que ça nous apporte un blog. Et qu'à chaque fois ils demandent "mais pourquoi tu blogues ?".

Moi je sais pas si les gens sont relous avec cette question, je dis jamais à personne que je blogue, comme ça je me sens plus libre, je peux raconter ce que je veux sur presque n'importe qui. Et puis je sais pas, c'est comme si j'étais pudique, j'ai pas envie que les gens de la vraie vie ils viennent ici, parce qu'ici je suis pas totalement la même que dans la vraie vie, ici je suis beaucoup plus moi, parce qu'ici j'ai le droit, parce qu'ici j'ai presque tous les droits en fait, c'est mon monde à moi. Et je veux pas qu'ils voient la vraie moi, c'est tout.

Alors pourquoi je blogue, je me suis jamais trop posé la question. Donc j'ai réfléchis.

Je blogue pour plein de raisons en fait.

D'abord, je blogue parce que j'aime écrire. La mini moi écrivait des poèmes, maintenant les rimes ça me soule, mais j'aime toujours autant les mots.

J'aime écrire parce que ça me permet de me souvenir. Il se passe quelque chose, je pense à quelque chose, je l'écris, ça reste, je ne l'oublierai plus jamais. C'est un peu comme les photos chez moi. J'ai aucune mémoire, alors je garde les choses en moi en les gravant quelque part ailleurs, parce que c'est plus sur. Ca s'appelle le principe de précaution, parait que c'est très français, comme notion.

J'écris parce que ça laisse des traces, des bouts de moi, ici et là, un peu sur la toile, un peu sur du papier, un peu partout.

J'écris parce que chaque mot compte, et que tout le monde l'oublie tout le temps. Parce que je suis tout le temps celle qui pinaille sur les termes quand on fait des documents marketing, quand on envoie des mails. parce que je suis la chieuse qui veut toujours utiliser le bon mot à la bonne occasion. Parce que je pense qu'une bonne phrase peut faire réfléchir, et qu'une mauvaise peut marquer à vie.

Je blogue, parce qu'en plus d'aimer écrire, j'aime partager, communiquer, échanger. Parce que j'aime le lien qu'il permet de garder avec toi, régulièrement, comme ça.

Je blogue parce que ça me permet de rester en contact avec certaines personnes que j'aurais peut être perdues de vue sinon.

Parce que j'ai rencontré des personnes adorables via mes blogs.

Je blogue parce que quelque part, ça me fait plaisir de te voir réagir à ce que je raconte. Parce que je suis fière quand quelqu'un me dit que mon post lui a parlé, qu'il l'a trouvé bien écrit. J'aime bien quand tu aimes mes posts, ça me fait chaud au coeur, ça me donne l'impression de pas écrire pour rien, ça me donne la sensation qu'au moins, ce que j'ai dit a parlé à quelqu'un, au moins une personne.

Je blogues parce que j'aime aller lire les blogs des autres, et que je me dis que peut être c'est réciproque, en fait.

Je blogue aussi pour moi, parce que ça m'aide à réfléchir, ça m'aide à évoluer. Et toute seule, je ne pourrais pas vraiment le faire, parce que tes avis, ben ils m'aident à faire évoluer ma pensée, à la structurer, à réfléchir et changer, en mieux.

Et c'est bizarre hein, mais ça m'aide à être positive aussi. Parce que les fois ou je me sens seule, bah j'ai l'impression qu'il y'a du monde, par là, en fait.

Je ne me vois pas arrêter de bloguer. Pourtant j'avais commencé un peu par hasard, par un blog commun avec deux copines, c'était même pas mon idée. Et puis j'ai ouvert le mien, sur Skyblog - mouhaha -, puis sur Canalblog, puis ici, plusieurs...

Celui-ci, je l'aime bien, j'ai envie de le faire évoluer, mais plus de changer de blog. J'aime bien son nom, j'aime bien ce qu'il véhicule. Je crois que je ne me trouverais jamais un pseudo qui me plait - j'en ai eu genre 3 ou 4 déjà -, mais D'ici et ailleurs, ce nom là me correspond. C'est pour ça que je le protège autant, celui-là, parce que c'est mon bébé, que je veux qu'il grandisse, et que je veux le tenir éloigné de la méchanceté des autres, pour qu'il évolue tranquillement, et que je puisse le garder encore longtemps.



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vendredi 23 novembre 2012

Le ciel - bleu - de Penmarch

De mes dernières vacances, je n'ai ramené que peu de photos. L'explication est assez simple : on avait avec nous un autre reflex, bien plus performant que Sony, et donc j'ai été infidèle, très. Mais le problème, c'est qu'une fois rentrés, on ne savait plus bien qui avait pris telle ou telle photo.

Et je ne publierai pas de photo que je n'ai pas prise moi-même.

Hier, un peu nostalgique, j'ai regardé ce que Sony avait dans le ventre depuis les vacances. 

Pas grand chose, si tu veux savoir. En fait, pour une fois, ce sont plus des souvenirs de bons moments qu'autre chose. Prises sur le vif, elles ne sont pas belles esthétiquement, mais belles par la façon dont elles résonnent en moi.

J'ai tout de même réussi à en sortir deux qui ont leur place ici. Prises à Penmarch, nous avions eu la chance d'avoir un beau ciel bleu ce matin là.



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dimanche 11 novembre 2012

Règle n°2 : prendre chaque victoire pour ce qu'elle est

Je l'avoue, j'ai une sorte de philosophie de vie, composée de plein de petites règles inventées au fur et à mesure des évènements.

Clairement, cette règle n'est pas la règle numéro 2, je pense que si je cherche bien à les classer par ordre d'importance, je dois pouvoir en trouver une bonne trentaine avant celle-ci, enfin presque - je pense aussi que vu comme j'aime ce petit bout de phrase qui ne veut rien dire, il doit bien y avoir une de ces règles qui finit par "enfin presque" - - et une autre avec le mot évidence dedans, j'adore ce mot - - bref -.

En ce moment, je crois dur comme fer en celle-ci
Tu es en train de te dire "mais si elle nous sort ses règles dans un ordre complètement dénué de logique, pourquoi elle a pas juste donné le numéro 1 à celle ci ?"

Parce que ma règle numéro 1 est indélogeable de la première place. Ma règle numéro 1 est un truc que je considère à toujours garder en tête, parce qu'elle dit "Prends soin de toi comme si tu étais la personne la plus précieuse au monde, parce que personne ne le fera pour toi".

C'est pas toujours évident hein.

L'exemple parfait, c'est quand dans Sex and the city - t'as vu mes références -, Samantha, qui se rend dingue pour cette enflure de Richard, finit par s'époumoner à monter les marches de je ne sais plus quel immeuble, avec des talons de douze et un string importable, et finit par lui dire, arrivée en haut "I love you, Richard, but I love me more".

Samantha, que je détestais jusque là, a subitement gagné tout mon respect en quelques secondes.


Bref, on est pas là pour parler de ça.

Je t'ai déjà raconté là à quel point j'étais une sacrée nulle en anglais.

J'ai de la chance, j'ai une entreprise gentille. Parce que je bosse pour des Allemands, et que donc je suis contrainte de parler anglais plusieurs fois par jour, mais ils m'ont embauchée quand même.

Et à peine le CDI signé, ils m'ont envoyée au Wall Street Institute pour aller speaker English.

Autant te dire que mon évaluation a été un peu désastreuse, et qu'ils m'ont calé sur un niveau en me disant que j'allais un peu galérer quand même.

Ça fait 3 mois que j'ai commencé. La semaine dernière, j'en étais pile au milieu de mes cours, en terme de programme et d'heures de cours.

Y'a plein de profs à WSI, mais moi je tombe toujours sur la même, et elle est trop cool. Elle est canadienne, elle a toujours des trucs trop marrants à raconter, et en fait à peine tu la vois, t'as envie que ce soit ta meilleure amie. A chaque fois que j'y vais, je me retrouve à lui parler de trucs complètement délirants en anglais, genre en quoi consiste le horse-ball, ou comme on a eu les jetons en regardant le dernier épisode de Dexter.

Bref, la semaine dernière, à la fin du cours, elle a écarquillé grand les yeux et m'a sorti que c'était bizarre qu'elle n'ai rien vu avant, mais qu'en fait je parlais trop bien pour le niveau auquel ils m'ont calée. Du coup on a parlé de si je me sentais bien à ce niveau, si j'apprenais assez de choses ou pas. Et finalement elle est allée voir à l'accueil pour me prendre un rendez-vous pour une nouvelle évaluation pour me passer au niveau supérieur.

J'étais déjà très fière de moi, avouons-le.

J'ai eu mon évaluation lundi. Avec une autre prof, qui m'a dit à peu près la même chose. Qu'on voyait bien que je regardais des séries, lisais des articles en anglais, parce que j'avais un vocabulaire que l'on ne s'attend pas à trouver à mon niveau.

Ils m'ont donc gentiment offert les cours que j'avais eu jusque là, et m'ont calée sur le niveau supérieur, que je recommence donc à zéro.

Bon, je rempile pour 3 mois de cours alors qu'il ne me restait plus grand chose, mais je suis contente, j'ai vraiment progressé.

Clairement mon anglais n'est toujours pas dingue. Hier j'ai encore trop galéré au téléphone avec le type de l'export en Allemagne qui parle beaucoup trop vite pour moi. Mais alors que l'on me disait il y'a 3 mois que j'aurais du mal à suivre à ce niveau, on me dit aujourd'hui qu'il vaut mieux pour moi que je passe un cran au dessus. Alors j'ai progressé, et ça fait du bien.

C'est là qu'intervient cette fameuse règle. Parce qu'il n'y a pas de petite victoire, et que les plus belles victoires sont celles que l'on fait contre soi-même. Parce que je vais te dire, mon pire ennemi, y'a pas besoin de le chercher bien loin, c'est moi-même. Et cette semaine, en anglais, je l'ai vaincu, un peu.

C'est un peu l'idée, là
Alors je savoure tranquillement cette victoire, et puis je me dis qu'un jour qui sait, je serai peut être super forte en anglais.


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dimanche 4 novembre 2012

27 février 2010

Cette date, je crois que je pourrais me la faire tatouer tellement elle est ancrée en moi. C'est probablement celle qui a été la plus bouleversante dans ma vie.

Parce que ce jour là, j'ai cru que mon monde s'écroulait, littéralement.

Le 26 février était une très belle journée. En plein été pour le Chili, il avait fait un temps magnifique. Ce jour là c'était sortie d'entreprise. Les commerciaux étaient en séminaire à Con-Con, près de la côte, et nous les avions rejoint ce vendredi, pour profiter d'un spa le matin, d'un barbecue gigantesque comme les chiliens savent si bien en faire le midi, et d'un raid en 4x4 dans les dunes l'après-midi - pas très malin après le barbec', faut bien l'avouer -.




Rentrée claquée le soir, je m'étais fait une bonne petite soirée tranquille chez moi, à rattraper mon retard sur la série Fringe.

A 3h34 du matin, je n'étais pas couchée. Peut être que c'était mieux comme ça.

Parce que je revois encore clairement ces 3 minutes, je me souviens de chaque seconde. Je me souviens du début du tremblement, de m'être dit "ah, encore un temblor", ceux auxquels on est habitué dans ce coin là.

Je me souviens aussi, de mon inquiétude en voyant que ce temblor n'en finissait pas, et pire, qu'il semblait prendre de la puissance. Je me souviens de ce bruit terrible, ce grondement venu du fond de la terre, accompagné des cris de mes voisins.

Je me souviens de ma prise de conscience, ce n'est pas un temblor, c'est un terremoto. Je sens encore ma peur, et ce putain d’instinct de survie qui m'a pris à ce moment là.



Sortir avant que l'immeuble ne s'effondre, c'est tout ce que j'avais en tête. Il ne pourrait pas résister à ce mouvement de cisaillement, celui qui me secouait, de droite à gauche, m'obligeant à m'accrocher aux meubles et aux murs pour avancer. J'étais absolument persuadée qu'aucune construction ne pouvait résister à ça.

Je me souviens encore de m'être vue mourir derrière la porte de mon appartement, bloquée par les mouvements des murs.

Je me revois encore enfin sortir de mon appartement, parler - crier plutôt - à ma voisine qui hurlait "dios mio, no quiero morir".

Moi non plus, je ne voulais pas mourir. J'ai descendu les marches des 4 étages une par une, m'accrochant à la rampe des escaliers, en me répétant que j'étais trop jeune, que j'aimais trop la vie, qu'il était impossible que je puisse mourir ici.

Si tu savais comme à ce moment là, j'ai pris conscience que vraiment, je voulais vivre, que j'aimais la vie de toutes mes forces, que je ne voulais pas qu'elle me lâche.

Il me restait seulement quelques marches à descendre quand la terre a arrêté de trembler, après 3 longues minutes. Je me suis retrouvée nez à nez avec mon concierge qui répétait à qui voulait bien l'entendre "tranquilito, esta terminado".

L'immeuble avait résisté. On ne pouvait pas en dire autant pour tous le pays. Trente minutes après les tsunamis dévastaient la côte. Plus de 300 morts, ce qui est peu pour le 6ème plus important tremblement de terre enregistré à ce jour.

Les dégâts, les blessés, ils étaient là, tout près de chez moi. Même l'église de mon quartier avait perdu son clocher.

Photo de l’église Nuestra Señora de la Divina Providencia à Santiago.
 Photo de Julio Costa Zambelli publiée sous licence Creative Commons.

Plus d'eau, plus d'électricité, et ce pendant 5 jours. Plus de moyen de communication. Impossible de prévenir ma famille, ou de savoir comment allaient mes amis. Je ne le saurais que le lendemain soir.

Les jours suivants, les magasins étaient vidés, mes voisines, dont l'appartement avait par je ne sais quel miracle l'électricité, m'ont invitée à manger plusieurs jours chez elles, devant les images télévisées du pays dévasté.

Cette peur, cette sensation d'être face à la mort, cette envie de vivre, ce besoin plutôt, je les ressens encore. Ce terremoto a complètement chamboulé ma façon d'être, ma façon de vivre.

Je me bats comme une lionne pour le bonheur, parce que je ne veux plus en laisser passer une miette. Pire, je ne supporte plus d'en laisser passer une miette.

J'ai pris conscience que tout peut filer d'un coup, la vie bien sur, mais aussi des choses moins importantes, qu'un beau jour ma santé peut me lâcher, qu'une partie de mon corps peut décider de faire grève. Je fais du sport parce que c'est une chance de pouvoir en faire. J'y pense souvent quand je monte à cheval et que j'ai la flemme parce que c'est lundi soir, qu'il fait nuit, froid, et qu'il flotte, je cours souvent une ou deux minutes de plus en y pensant quand je suis crevée et que j'ai envie de stopper, je me motive souvent à aller courir quand je n'en ai pas envie en me disant "demain qui sait ?".

Je râle peu, ou j'essaye en tout cas, les petites contrariétés de la vie n'ont que peu d'impact sur moi, parce que je ne leur donne plus aucune importance. Je ne supporte plus les râleurs  ils me donnent envie de leur hurler de fermer leur gueule et de regarder un peu comme tout va bien, bordel.

Je ne supporte plus les gens qui réfléchissent leur vie au lieu de la vivre, ceux qui sont tellement dans le doute constant qu'ils finissent par ne faire aucun choix et tout laisser tomber, ou rater le coche, ces personnes qui passent leur temps à se demander s'il n'y aurait pas encore mieux, au lieu de simplement voir le bonheur là ou il est, devant eux, à portée de main. J'ai envie de les envoyer dans mes souvenirs de cette journée, pour qu'ils se rendent compte que s'ils ne se lancent pas, s'ils ne choisissent pas, la vie pourrait bien un jour choisir pour eux, et leur ôter cette liberté de le faire.

Plus que tout, je n'ai plus de patience face au bonheur. Je ne vois plus l'intérêt de se donner à fond et se pourrir la vie pour un bonheur potentiel qui pourrait arriver dans plusieurs mois, voir années. Faire des plans sur le long terme et se donner les moyens d'y arriver, évidement, mais sacrifier sa vie actuelle pour une vie future meilleure, plus jamais. Je veux du bonheur, tout de suite, et si je ne l'ai pas, je ne l'attends pas, je me bouge le cul. Je ne réfléchis plus avec des si, en faisant des hypothèses, parce que je ne vois pas l'intérêt d'attendre en espérant quelque chose qui pourrait se réaliser, alors que j'ai la possibilité là, tout de suite, de réaliser de belles choses sans attendre. Peut importe la fatigue, la difficulté, les complications éventuelles, si j'ai la possibilité de grappiller un instant heureux, je le fais, sans hésiter une seconde.

Ce post peu te paraître très con, très neuneu, ou très américain, tu as le droit de me dire "oui mais c'est facile à dire, nettement moins à faire". Je suis d'accord, et des fois je n'y arrive pas moi-même.

Mais régulièrement, quand je râle trop, que je suis trop passive face aux choses, ou que je me laisse aller à une déprime passagère, je repense à cette date, je repense à tout ce que j'ai ressenti à ce moment là, à la façon dont j'ai eu envie de me battre pour ma vie, et je me rends compte à quel point j'y tiens malgré tout et à quel point j'ai envie de continuer à me battre pour ne pas en gâcher un seul instant.


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